Notre-Dame-des-Landes : 3 médiateurs pour sortir de l’impasse

 

Le gouvernement a décidé de s’attaquer au dossier épineux de Notre-Dame-des-Landes en nommant trois médiateurs le jeudi 1er juin.

Notre-Dame-des-Landes: un enjeu majeur pour le gouvernement

Le gouvernement d’Edouard Philippe souhaite en finir avec un projet qui a miné le quinquennat précédent.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, se considère intimement convaincu par l’existence de possibles alternatives à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui peuvent nous permettre de sortir par le haut.

Aussi, le gouvernement a désigné Gérard Feldzer (ex-pilote de ligne et proche de Nicolas Hulot), Michel Badré (ingénieur membre du Conseil économique, social et environnemental) et la préfète Anne Boquet. Ces trois médiateurs auront la lourde tâche de trouver une issue à cette impasse qui date des années 70.

Emmanuel Macron avait exprimé pendant sa campagne le souhait de se donner 6 mois pour examiner la situation et trancher.

 

Un projet qui divise les citoyens et les politiques

Le projet prévoit le transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique, au sud de l’agglomération, vers Notre-Dame-des-Landes, à 20 km au nord de la ville.

Si les partisans du projet estiment qu’il serait un vecteur de développement économique, ses détracteurs y voient une infrastructure coûteuse qui dégraderait l’environnement et la région locale et dont la nécessité n’est pas avérée.

 

Un rapport déterminant

Les médiateurs ont jusqu’au 1er décembre 2017 pour remettre leur rapport sur la situation.

Ils vont devoir envisager « toutes les solutions allant dans le sens de l’intérêt général, dans un dialogue apaisé avec les acteurs et dans le respect de l’ordre public » a précisé Matignon dans un communiqué.

La mission « auditionnera l’ensemble des parties prenantes sur un pied d’égalité et fera un bilan de leurs points de vue respectifs et des réponses qui peuvent (…) leur être raisonnablement apportées ».

Il faudra aussi prendre en compte la consultation locale intervenue en juin 2016, qui s’était prononcée en faveur de l’aéroport.

Le rapport sera examiné par le gouvernement afin de prendre une décision claire et assumée, comme l’explique Edouard Philippe.

 

L’opposition contrariée par ces nominations

L’ONG France Nature Environnement (FNE) s’est réjouie de la complémentarité des profils des trois personnes désignées et souhaite désormais entamer le dialogue dès que possible.

A l’inverse la principale association pro-aéroport, Des ailes pour l’Ouest, a déclaré qu’elle ne participerait pas à la médiation, qualifiée de mascarade.

Elle a fustigé le choix du gouvernement de désigner « deux opposants notoires comme médiateurs », en les personnes de Gérard Feldzer et Michel Badré, et souhaite s’entretenir avec le Premier ministre.

Il en va de même pour Bruno Retailleau, président de la région Pays de la Loire et président du Syndicat mixte aéroportuaire (SMA), qui regroupe les collectivités soutenant le projet de nouvel aéroport, évoquant lui aussi une mascarade.

Favorable dans un premier temps à cette médiation, il a demandé à Gérard Feldzer de se retirer afin de garantir la neutralité de l’arbitrage et a accusé le gouvernement de « mettre de l’huile sur le feu ».

Un avis partagé par le SMA qui voit la mise en retrait de Gérard Feldzer comme un préalable avant la prochaine étape.

 

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